Balade : Un apothicaire dans la ville

Pour prolonger l’exposition, ou simplement pour le plaisir d’une balade à Nantes, suivez ce parcours créé par les Archives départementales.

À votre rythme et guidé par les textes et commentaires audio, remontez le temps et découvrez Nantes sous l’angle des apothicaires. Au cœur d’un circuit, neuf arrêts vous permettront de découvrir la vie, le métier et l’histoire de l’ancêtre du pharmacien.

Vous êtes prêt ? Embarquez dès à présent pour une visite d’environ une heure et suivez le plan et ses étapes. Pour chaque halte, prenez le temps d’observer, d’écouter, de lire.

Il est temps de rééquilibrer vos humeurs !

Le parcours

1- Départ aux Archives départementales

Pour commencer, rendez-vous aux Archives départementales de Loire-Atlantique située au 6 rue de Bouillé dans le quartier Saint-Mihiel.

  • © Christiane Blanchard / ADLA

Les Archives départementales de Loire-Atlantique sont la mémoire du Département. Elles ont pour missions de collecter, conserver, classer, communiquer et valoriser les fonds documentaires publics et privés de l’ensemble du département. Imaginez un instant : sous vos pieds se trouvent près de 39 kilomètres linéaires d’archives, soit la distance entre Nantes et Blain !

À écouter

2- Pharmacie Poirier-Thouzeau

Remontez la rue de Bouillé jusqu’au boulevard Bellamy, face à vous se trouve l’ancienne pharmacie Poirier-Thouzeau (65 rue Paul Bellamy).

  • Route de Rennes, près de la rue de Bel-Air © ADLA
  • Gravure - Les œuvres pharmaceutiques © BIU Santé Paris

Une pharmacie est un lieu où l’on vend des médicaments mais aussi des produits et objets destinés au soin du corps. Comme au temps des apothicaires, on y effectue également certaines préparations. C’est un lieu d’échanges mais aussi de commerce entre un praticien et un client. Aujourd’hui, Nantes compte plus d’une centaine d’officines en activité !

À écouter

3- La fresque Byrrh (vin tonique)

Sur votre droite, empruntez la rue de Bel-Air et rendez-vous au numéro 50.

  • Marque de fabrique Muscadin Quinquina, 1899 © ADLA
  • Fresque Byrrh © A.-P Daguin

Au cours du 19e siècle, le développement des médicaments et les avancées en termes de législation sont considérables. En 1844, les pharmaciens ne peuvent plus déposer de brevets d’invention de remèdes. La protection des nouvelles formules peut se faire par le dépôt d’une marque de fabrique au tribunal de commerce. On assiste alors à une explosion de vente de médicaments véhiculée par des publicités en tout genre dont les vins dits « de santé ».

À écouter

4- L’ancien jardin des apothicaires

Remontez la rue de Bel Air jusqu’à la place Talensac, puis la place Saint-Similien puis continuez tout droit sur la rue Léopold Cassegrain et traversez la Place Bretagne pour accéder à la rue de Budapest. Rendez-vous au n°1.

  • Plan des fossés de Mercœur à Nantes, 1742 © ADLA
  • Ordonnance royale © ADLA

Au 17e siècle, la corporation des apothicaires de Nantes souhaite construire un jardin des apothicaires. Ce lieu permettrait la culture et l’achalandage régulier des plantes vers les officines de la ville et des campagnes. L’ordonnance royale de Louis XIV en 1688 autorise sa construction. Aujourd’hui, seule une plaque rappelle l’emplacement de ce jardin de plus de 3 600 hectares qui se tenait entre l’actuelle place Aristide-Briand, la rue de Budapest et la rue du Calvaire.

À écouter

5- Grande pharmacie de Paris

Traversez la rue du Calvaire pour emprunter la rue Boileau. Continuez jusqu’à la rue Crébillon puis tournez à gauche en direction de la Place Royale, 17 rue d’Orléans.

  • Carte postale de la Pharmacie de Paris © ADLA
  • Catalogue de la Grande Pharmacie de Paris, 1913 © ADLA

La « Grande pharmacie de Paris » est l’un des plus anciens commerces encore en activité sur la place Royale. C’est en 1905 qu’un pharmacien sortant de l’École Supérieure de Paris, décide de lui donner ce nom. Il entreprend d’en faire une pharmacie moderne et spécialisée avec des domaines de ventes en herboristerie ou en homéopathie. Encore aujourd’hui, cette enseigne bien connue des Nantais, propose un large choix de médicaments et d’articles de parapharmacie.

À écouter

6- La Maison des Apothicaires

Remontez la rue d’Orléans, traversez pour continuer tout droit sur la rue de la Marne et tournez sur votre gauche sur la Place du Change, vous apercevrez la Maison des Apothicaires aussi appelée Maison du Change (2 rue de Carmes ).

  • La Place du Change à Nantes © ADLA
  • Maison des apothicaires © ADLA

Le quartier du Bouffay est connu pour être le cœur médiéval de Nantes qui comptait alors 15 000 habitants. Elle était la plus grande ville murée de Bretagne du fait de la présence des Ducs.

Du Moyen Âge au 20e siècle, la place du Change était un axe commercial et routier majeur et le point de départ vers les routes de Rennes, Angers, Paris ou bien encore Poitiers.

C’est là que les marchandises passaient en transit entre le port de l’Erdre et celui de la Loire, que le commerce de métaux précieux se faisaient et que les voyageurs convertissaient leurs devises avant leur départ. Place centrale de la ville, elle était aussi très animée les jours de marchés et aux heures de spectacles populaires. Au cours des siècles, la maison eu plusieurs occupants, notamment la mercerie Baudoin et le magasin « Au Vieux Nantes » au 19e siècle, le syndicat d’initiatives après la guerre, et aujourd’hui, le café Cult’ et la Maison de la Poésie.

À écouter

7- Place du Pilori

Retournez rue de la Marne et continuez tout droit en direction de la Place du Pilori (39 rue de Verdun ).

Haïcool, Le Gentil Garçon, 2015
Haïcool, Le Gentil Garçon, 2015 © ADLA

Autrefois, les enseignes des apothicaires représentaient des objets emblématiques de l’exercice de l’art comme un pot, un mortier ou encore une balance. Aujourd’hui, les pharmaciens sont clairement identifiés par deux symboles : la croix verte et le caducée. Auparavant rouge, la croix devient officiellement verte en 1984. Connue de tous, elle ponctue désormais nos rues. Le caducée est quant à lui adopté en 1942 et représente un serpent entourant la coupe d’Hygie, fille du dieu de la médecine Asclépios. Le serpent est fréquemment associé au monde médical car il symbolise à la fois la connaissance et la prudence : qualités essentielles du futur pharmacien.

À écouter

8- Le Jardin des Plantes

Empruntez la rue de Verdun jusqu’à la cathédrale, contournez-la par le cour Saint-Pierre et suivez la rue Georges Clemenceau jusqu’à l’entrée du jardin (Rue Stanislas Baudry).

Plan du Jardin des Plantes, 1934
Plan du Jardin des Plantes, 1934 © Archives municipales de Nantes

En 1793, un décret instaure que chaque département se dote d’un jardin botanique. À Nantes, on propose de l’installer au niveau de l’ancien couvent des Ursulines, aujourd’hui l’actuel lycée Georges Clemenceau. Néanmoins, il faut attendre 1806 pour que le Jardin des Plantes soit réellement créé. En 1820, la Ville de Nantes récupère la propriété du jardin et souhaite l’ouvrir au public pour en faire un lieu d’éducation mais aussi de promenades et de flâneries. Il ouvre partiellement en 1829 et sera totalement public 34 ans plus tard. Dès 1853, avec l’arrivée du chemin de fer et la construction de la gare, le jardin va prendre sa forme définitive (qu’on lui connait encore aujourd’hui). Conçu comme un jardin à l’Anglaise, les serres, le palmarium et la roseraie seront ajoutés à la fin du 19e siècle.

À écouter

9- Le Jardin des Plantes (bis)

Continuez l’allée centrale vers le jardin médicinal, il se trouve près du damier fleuri.

Gravures
Gravures © Museum de Nantes – Bibliothèque scientifique

Après de nombreuses affaires d’empoisonnements, une loi de 1845 règlemente la vente des substances vénéneuses. La notion de dosage dans la fabrication des médicaments est essentielle. Grâce à sa formation scientifique et technique, le pharmacien est le seul à pouvoir combiner les matières premières sans danger.

À écouter