Accès au site du Département de Loire-Atlantique (Nouvelle fenêtre)

Qui a vécu, où et quand ? Les dénombrements de population

  • Généalogie
  • Histoire communale
ADLA - Dénombrement de population de la commune d'Oudon : état nominatif, 1846
-

Dénombrement de population de la commune d'Oudon : état nominatif, 1846

Avec les registres paroissiaux et l'état civil, les listes nominatives qui accompagnent les dénombrements ou recensements de population constituent la principale source pour l'étude des individus, que ce soit au niveau d'une famille, d'une commune, d'un canton ou d'un département.

Ces listes sont également le matériau incontournable des études démographiques, qui permettent de connaître l'évolution des populations, leur répartition géographique, leur composition socio-professionnelle...

 

Historique

Compter et connaître ses sujets a été pour le Roi de France une préoccupation d'envergure. Plusieurs nécessités ont conduit à la confection de listes nominatives ou à opérer des recensements. L'une de ces nécessités était d'ordre fiscal: les Archives de Loire-Atlantique conservent les rôles de l'impôt de capitation pour la noblesse bretonne et les paroisses des évêchés du duché de Bretagne de 1710 à 1790, et des rôles de celui du vingtième pour les anciennes paroisses du département entre 1780 et 1790. Une autre est liée à l'armée : sous l'Ancien Régime, il y avait des rôles de milice,pour savoir quels hommes étaient assujettis à la milice royale, et, à partir de la loi Jourdan de 1798, des listes de conscrits. Une dernière concerne l'établissement des listes d'électeurs : dans la mesure où la Constitution de 1791 institue, non pas le suffrage universel, mais le suffrage censitaire fondé sur le montant des impôts payés par les habitants un certain nombre de relevés ont tendu vers un comptage de la population et l'établissement de listes de citoyens électeurs hommes. Pour la Loire-Atlantique, elles sont conservées depuis l'an IX uniquement.

Le recensement de la population préoccupa les autorités révolutionnaires. Elles en prescrirent plusieurs, et des listes nominatives qui en sont issues sont conservées pour 1790, l'an IV et l'an VII. Cette collection est incomplète, mais elle permet néanmoins de connaître la composition de la population pour la moitié au moins des communes du département. certaines listes précisent depuis combien de temps les individus résident dans leur commune, leur degré d'imposition, ou la position de "rebelles". Les divers recensements faits depuis et jusqu'en 1836 ne présentent guère d'intérêt, dans la mesure où ils ne donnent que des chiffres globaux de la population. Des listes nominatives existent toutefois pour une dizaine de communes du département entre l'an XII et 1812.

L'organisation véritable des dénombrements de la population s'est faite à partir de 1836 tous les cinq ans, à l'exception de celui de 1871 reporté l'année suivante pour cause d'occupation d'une partie du territoire par l'armée prussienne, et ceux de 1916 et 1941 annulés pour cause de guerre. Après la seconde guerre mondiale, les opérations de recensement ont été menées en 1946, 1954, 1962, 1968, 1975, 1982, et fin 1990. Le rythme quiquennal est abandonné en raison de la quantité croissante de renseignements demandés et de la durée nécessaire au traitement des informations. Pour la Loire-Atlantique, la collection des listes nominatives est quasiment complète pour l'ensemble des communes de 1836 à 1936. Si avant la Seconde Guerre mondiale, un exemplaire de ces listes était versé obligatoirement aux Archives départementales, il n'en est plus de même depuis 1945, suite à une mesure prise par l'Institut national des statistiques et des études économiques. Cela explique les lacunes dans la collection départementale à compter de cette date.

 

Qui trouve-t-on recensé?

Sont recensés individuellement et nominativement les individus, de tout âge et de tout sexe, habitant ou domiciliés habituellement dans la commune, y compris les étrangers. Sont aussi concernés les militaires sous les drapeaux en congés, les marins pratiquant le grand et le petit cabotage et la pêche, les ouvriers travaillant au dehors à la journée ou à la tâche, les individus en voyage pour des raisons personnelles, les commis voyageurs attachés à une maison de commerce dont le siège est dans la commune.

Un certain flottement a pu régner pour le dénombrement de certaines catégories d'individus. Ainsi, où fallait-il compter un enfant placé en nourrice ? Dans la plupart des cas, il est compté dans la commune où il en nourrice, mais il peut arriver qu'il soit inscrit dans la commune de ses parents. Le problème se posait aussi pour les militaires sous les drapeaux au moment des opérations de recensement. Fallait-il les compter dans leur ménage d’origine, leur lieu d’origine ou dans leur lieu de casernement ? Même cas de figure pour les effectifs des collèges, hospices, prisons, tous ces établissements accueillant un grand nombre de pensionnaires. Les circulaires ministérielles ont envisagé leur cas avec toujours plus de précisions.

Devaient être inscrits dans chaque commune où ils se trouvaient de passage, quand bien même ils aient un domicile d’origine où ils retournaient parfois, les ouvriers compagnons faisant le tour de France, les artistes dramatiques en tournée, les mariniers des canaux et des rivières n’ayant pas d’autre habitation que leur bateau, les individus mis en état d’arrestation comme vagabonds. Cette population flottante, dénombrée nominativement à part à partir de 1846, devait être inscrite à jour fixe afin d’obvier les doubles emplois.

D’autres catégories de populations échappaient à un recensement nominatif. Ainsi en était-il des corps de troupes de terre ou de mer, maisons de correction, prisons, bagnes, dépôts de mendicité, asiles, hospices, lycées, collèges et écoles spéciales, séminaires, communauté religieuses ainsi que des marins du commerce absents pour cause de voyages au long cours. Ces catégories ne devaient pas figurer sur les états nominatifs. La raison venait du fait qu’elles ne comptaient pas pour l’application des lois municipales ou des lois d’impôts. Elles devaient en conséquence faire l’objet d’un recensement spécial collectif à jour fixe. Il s’agit des populations à inscrire en bloc. Était exclus de ce comptage, le personnel fixe ou permanent des établissements concernés, ainsi que les malades ayant conservé leur domicile dans la commune, les élèves externes ou internes dans la mesure où, pour ces derniers, les parents habitaient la commune. Ils étaient inscrits individuellement et nominativement.

 

Description et informations contenues dans les listes

Les noms des individus ne sont pas classés dans l’ordre alphabétique (et il n’y a pas de table). Ils sont rangés dans un ordre topographique qui suit probablement le chemin de l’agent recenseur : par sections et/ou rues pour les communes urbaines, par maisons du bourg, puis par hameaux et fermes et enfin maisons isolées pour les communes rurales. Il n’y a pas d’index alphabétique des noms des différents lieux d’habitation.
Le tableau nominatif des habitants est établi par famille ou ménage, et porte en tête le chef de famille, puis sa femme, ensuite ses enfants, puis les aïeux ou autres parents faisant partie du même ménage, puis enfin les domestiques attachés à la famille ou ayant la même résidence, les apprentis logés à demeure, les enfants placés en nourrice, etc.

Les informations contenues dans les listes nominatives communales ont varié au long du XIXe siècle:

  • L'âge est porté entre 1836 et 1901.
  • L'année de naissance est inscrite depuis 1906 et non plus l'âge, et à partir de 1968, la date complète.
  • Le lieu de naissance est porté en 1872 et en 1876, puis de 1906 à 1936.
  • L'état civil (marié, célibataire, veuf) est indiqué de 1836 à 1876.
  • Le culte et les infirmités ne sont fournis qu’en 1851.
  • La profession mentionnée depuis 1836, s'individualise à partir de 1896.
  • La position dans le ménage par rapport au chef de famille est toujours mentionnée.
  • La catégorie sociale (patron, employé ou ouvrier) est précisée depuis 1901.
  • La nationalité apparaît en 1851, 1872 et 1876, puis régulièrement depuis 1886.
  • L'adresse est indiquée plus ou moins bien dans tous les recensements.

 

Les listes nominatives de recensement de population de l’ensemble des communes du département sont consultables en ligne jusqu’à 1936. Les listes des années postérieures sont, quant à elles, consultables uniquement en salle de lecture des Archives, conformément aux dispositions de la Commission nationale de l’Informatique et des Libertés.