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À la découverte d'un trésor : la mémoire des ducs de Bretagne

Parmi les documents conservés aux Archives départementales de Loire-Atlantique, le trésor des chartes des ducs de Bretagne est considéré à juste titre comme le fonds le plus prestigieux de toute la Bretagne historique. Matériau incontournable de l'histoire de la Bretagne, ce trésor a traversé plus d’un demi-millénaire et renferme quelque 4 000 documents et près de 2 000 sceaux. Scrupuleusement collecté, méthodiquement identifié, et très rarement montré, ce fonds a fait l’objet d’une exposition du 16 septembre au 13 décembre 2009.

Constitué à partir du XIIe siècle jusqu'au début du XVIe siècle des archives familiales des ducs, cet ensemble de plusieurs milliers de parchemins est devenu la mémoire officielle du duché de Bretagne, notamment quand le duc Jean IV a demandé en 1395 qu'en soit rédigé un premier inventaire. Cette exceptionnelle collection d'archives témoigne des droits et privilèges des princes bretons dans leurs relations avec la couronne de France, les puissances étrangères, la papauté, les vassaux, les villes. Contrats de mariage, traités d’alliance ou de commerce, hommages, testaments, rouleaux de comptes, la plupart écrits sur parchemin et accompagnés de sceaux, ces documents progressivement amassés et volontairement conservés par les ducs tout au long du Moyen Âge ont revêtu une grande utilité pour marquer et fonder leurs droits.

À partir de 1395, se fait jour la préoccupation d’organiser matériellement et intellectuellement les pièces d’archives du trésor. Aussi, afin de ne pas en égarer, ont-elles été rassemblées dans un même lieu de conservation, rangées dans des boîtes et des armoires. Aussi, afin d’en avoir une connaissance suffisante et de pouvoir les retrouver en cas de besoin, ont-elles été inventoriées. L’appellation même de « trésor » renvoie au lieu de conservation de ces archives, à partir de la fin du XIVe siècle, la « thesaurerie de la Tour neuve de Nantes », c’est-à-dire le Château des ducs. Cette trésorerie se trouvait dans une salle voûtée, où étaient aussi conservés au Moyen Âge des objets précieux et des espèces d’or et d’argent, d’où l’appellation de trésor, au sens propre du terme.

La loi du 5 brumaire an V, qui décrète la centralisation au chef-lieu du département des papiers appartenant à l’État, a assuré la conservation définitive du trésor : celui-ci est confié depuis cette date à la garde des Archives départementales. Aussi les archivistes ont-ils fait leur, à l’instar de leurs lointains devanciers, les préoccupations de conservation et d’inventaire, mais dans un sens nouveau et moderne de conservation patrimoniale et d’accessibilité du trésor à tous les historiens et amateurs d’histoire.

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Affiche de l'exposition "A la découverte d'un trésor..."