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François Eugène Isidore Louis ANGIBAUD

1886-1915. Matelot dans les Dardanelles.

François Angibaud naît à Saint-Nazaire le 23 mai 1886. Son père, François, est charpentier, et sa mère, Françoise Meignen, sans profession.

François grandit au gré des escales de ces beaux voiliers et des grands vapeurs qui incitent tant au départ. Les matelots qui déambulent dans les rues de ce port breton ont tous dans les yeux cette lueur que seuls ceux qui ont vu au delà de l’horizon possèdent. François sera l’un d’eux !

C’est un jeune mousse de 16 ans qui pose son sac, pour la première fois, sur le vapeur Basse Indre en septembre 1902 pour un voyage de bornage.   

Ce navire transportait des passagers de port en port en petits « sauts de puce ». Durant près de deux ans, François pratique ce type de navigation en apprenant un métier difficile, celui de chauffeur et soutier.                                                                                               

Cette spécialité est l’une des plus rudes et probablement les plus ingrates à bord. Le matelot soutier ou chauffeur travaille principalement dans les entrailles des navires à maintenir constant le niveau de charbon pour alimenter les machines à vapeur et à écouter les « bruits » du navire. De longues heures s’écoulent ainsi sans voir la lumière du jour et dans une chaleur infernale.

François navigue ainsi pendant quatre ans sur d’autres navires avant d’être appelé sous les drapeaux.

Le 3 septembre 1906, il rejoint le 3e dépôt à Lorient. Le 22 juillet 1910, après diverses affectations sur des navires de l’État en qualité de chauffeur,  il retourne à la vie civile et rejoint son port d’attache, Saint-Nazaire, pour embarquer sur des vapeurs pour de lointaines destinations. 

Le 29 janvier 1914, François sert sur le paquebot El Kantara appartenant à la Compagnie des Messageries Maritimes sur la ligne commerciale d’Extrême Orient. Ce navire achemine les courriers des différentes possessions françaises en Extrême Orient à destination de la France. Plus tard, il convoiera également des prisonniers par milliers dans les camps français.

En octobre 1914, François Angibaud est appelé à servir sur le cuirassé Bouvet. Durant plusieurs mois ce puissant bâtiment est chargé de l’escorte et la protection des navires marchands en Méditerranée. En décembre de la même année, le Bouvet, intégré à l’escadre de l’amiral Guepratte, se dirige vers les Dardanelles. Cette lointaine Turquie sera le théâtre d’âpres combats engageant les forces franco-britanniques jusqu’en janvier 1916.   

Le 12 février 1915, François Angibaud écrit à sa famille et précise : « Je ne sais pas comment cela va se passer, ainsi que pour mes camarades, car vers le milieu de la semaine prochaine nous devons attaquer les Dardanelles. Nous devons livrer un grand combat, nous serons une quinzaine de navires à faire l’attaque. Il peut se faire qu’il nous arrivera rien comme peut-être il nous arrivera malheur (…)».

Ce combat aura lieu le 19 février. Une importante escadre pilonne les forts ottomans côtiers pour préparer une prochaine attaque de l’infanterie sur les positions ennemies. Malgré les forces navales en présence, de nombreuses batteries turques ont échappé au bombardement limitant ainsi la possibilité d’attaquer par terre en limitant les pertes.

Le 18 mars, une attaque générale est déclenchée, 18 cuirassés, dont le Bouvet, de nombreux croiseurs et destroyers tentent de forcer le détroit des Dardanelles, ouvrant ainsi la voie sur Constantinople, dont la prise assurerait la victoire des Alliés dans cette bataille.

L’importante défense turque interdit à la flotte franco-anglaise de mener à bien son action. Les pertes sont nombreuses, l’ordre de retraite est donné. A cet instant, le Bouvet, déjà touché par les tirs ennemis, heurte une mine en son centre et à tribord sous la ligne de flottaison. Les machines sont rapidement noyées et cette imposante forteresse de fer se couche et coule en une minute. On dénombre 648 morts et seulement une soixantaine d’hommes ont pu être sauvés.

François Angibaud figure parmi les victimes.

Il reçoit la Médaille militaire à titre posthume en 1921 mais son nom n'est gravé sur aucun monument aux morts. Dans le mémorial du département il est rattaché à Machecoul, où résidait sa famille.

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François ANGIBAUD

Consulter la notice de ce soldat dans le mémorial virtuel :

Ce portrait a été réalisé par Didier Besseau grâce aux informations fournies par le mémorial virtuel La Loire-Atlantique se souvient et les archives de l’inscription maritime numérisées.